Vous avez déjà franchi la partie la plus difficile : les expériences, l’analyse et les nuits blanches. Il ne reste plus qu’à rédiger tout cela en anglais. Si vous êtes un non‑natif qui souhaite publier dans une revue internationale, vous connaissez déjà cette difficulté. Vous possédez la science. Mais transformer cette science en anglais clair et publiable peut sembler être une compétence à part entière.
La bonne nouvelle : l’anglais pour les articles de recherche scientifique ne consiste pas à utiliser un vocabulaire sophistiqué ou des phrases complexes. Il s’agit avant tout de clarté, de structure et de cohérence. Décortiquons ce qui compte vraiment.
Visez la clarté, pas la complexité
Beaucoup de chercheurs pensent que l’écriture académique doit être dense et pleine de jargon. Ce n’est pas le cas. La meilleure écriture scientifique est celle que vous comprenez dès la première lecture.
Comparez ces deux phrases :
- Verbeuse : « Une investigation a été menée par l’équipe de recherche pour déterminer l’effet de la température sur le taux de réaction. »
- Claire : « L’équipe de recherche a étudié comment la température influence le taux de réaction. »
La seconde version est plus courte et directe. Des revues comme Nature ou Science recommandent explicitement des structures simples. Votre mission est de communiquer vos résultats, pas d’impressionner par votre vocabulaire.
Voici un tableau avant/après pour illustrer ce que je veux dire :
| Verbeuse (éviter) | Directe (utiliser) |
|---|---|
| Les données ont été analysées à l’aide d’une approche statistique | Nous avons analysé les données de façon statistique |
| Il a été observé que la température augmentait | La température augmentait |
| Une différence significative a été trouvée entre les deux groupes | Les deux groupes différaient de façon significative |
Construisez un vocabulaire académique solide
Au lieu d’apprendre des mots aléatoires, maîtrisez les expressions fixes qui apparaissent dans chaque article. Ces « chunks » rendent votre texte fluide naturellement.
Par exemple :
- Présenter son travail : “Cette étude examine…” / “Nous avons étudié si…”
- Décrire les résultats : “Nos résultats suggèrent que…” / “Ces résultats sont cohérents avec…”
- Discuter des limites : “Une limitation de cette étude est…” / “Les recherches futures devraient explorer…”
- Conclure : “En résumé, nos données indiquent que…” / “Ce travail contribue à l’évidence croissante que…”
Gardez une liste de ces phrases à portée de main pendant votre rédaction. Elles ne vous feront pas seulement gagner du temps ; elles donneront à votre article un ton plus « natif » en structure.
Maîtrisez le hedging : l’art d’indiquer la probabilité
La science n’est jamais 100 % certaine. Un bon anglais scientifique reflète cette incertitude, ce qu’on appelle le “hedging”.
Comparez :
- Trop absolu : « Ceci prouve que le médicament est efficace. »
- Meilleur (avec hedging) : « Cela suggère que le médicament pourrait être efficace. »
Mots et expressions courants de hedging :
- Verbes : suggère, indique, apparaît, semble, peut, pourrait
- Adverbes : probablement, éventuellement, présumément, typiquement
- Phrases : Il est possible que…, Il existe des preuves que…, Nos données soutiennent l’idée que…
Le hedging ne signifie pas être vague. Il s’agit d’être scientifiquement honnête.
Suivez une structure standard (IMRaD)
Chaque revue a son propre format, mais la colonne vertébrale de la plupart des articles est la structure IMRaD :
- Introduction : Qu’avez‑vous étudié et pourquoi ?
- Méthodes : Comment l’avez‑vous fait ?
- Résultats : Que avez‑vous trouvé ?
- Discussion : Que signifie‑t‑il ?
Dans chaque section, vos paragraphes doivent suivre le même mini‑schéma : commencer par une phrase d’introduction, fournir des détails de soutien, terminer en liant au paragraphe suivant. Cela paraît basique, mais la plupart des articles rejetés échouent ici — pas à cause d’une mauvaise science, mais à cause d’un mauvais flux.
Checklist rapide avant de soumettre
Avant de cliquer sur « Soumettre », parcourez cette courte liste :
- Lisez votre article à voix haute. Sonne‑t‑il naturel ? Si vous trébuchez sur une phrase, réécrivez‑la.
- Supprimez les mots inutiles. Des termes comme « très », « assez », « extrêmement », « en fait » ajoutent rarement de la valeur en écriture scientifique.
- Vérifiez vos temps verbaux. Utilisez le présent pour les faits acceptés (« L’eau bout à 100 °C »), le passé pour vos résultats (« La température a augmenté »), et le présent perfect pour le contexte (« Plusieurs études ont montré… »).
- Faites relire par un second regard. Demandez à un collègue natif ou utilisez un service de relecture. Même les petites erreurs grammaticales peuvent nuire à votre crédibilité.
À vous maintenant
Publier en anglais est une compétence — et comme toute compétence, elle s’améliore avec la pratique. Commencez par rédiger de courts passages, obtenez des retours, puis réécrivez. Vous n’avez pas besoin d’être natif pour publier efficacement. Il suffit d’être clair.
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