Une instruction mal entendue à 30 000 pieds peut avoir des conséquences graves. C’est pourquoi l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) impose que tous les pilotes et contrôleurs aériens démontrent au minimum un niveau d’anglais opérationnel 4. Passer un test, ce n’est pas la même chose que d’être clair sous pression.
Si vous préparez un examen d’anglais aéronautique ou si vous débutez dans le contrôle du trafic aérien (CTA), la bonne nouvelle est que vous n’avez pas besoin d’un anglais général parfait. Vous avez besoin de maîtriser un petit ensemble de phrases et de protocoles. Voici ce qui compte vraiment.
Pourquoi les formulations standard sauvent des vies
L’anglais courant regorge d’ambiguïté. « Je pense qu’on a un peu moins de carburant » signifie des choses différentes selon les personnes. En aviation, cette hésitation peut être fatale. L’anglais du CTA élimine toute incertitude.
La règle de base est simple : chaque transmission suit le même schéma.
Qui vous êtes → Où vous êtes → Ce que vous voulez.
Par exemple :
« Ground, Speedbird 456, stand 23, request pushback. »
Court. Prévisible. Si un contrôleur entend « Speedbird 456 », il connaît déjà la compagnie et le type d’avion. Le reste ne fait qu’indiquer les coordonnées et l’intention.
Il y a aussi la règle du « cockpit stérile ». Pas de bavardage en dessous de 10 000 pieds. Quand la charge de travail est élevée, contrôleurs et pilotes réduisent le langage à ses éléments fonctionnels. Ce n’est pas impolitesse — c’est la sécurité.
Phrases clés à connaître
Vous entendrez ces phrases à chaque quart de travail. Mémorisez-les jusqu’à ce qu’elles deviennent automatiques.
| Phase du vol | Phrase courante | Signification |
|---|---|---|
| Pré‑départ | « Start up approved » | Démarrage des moteurs |
| Taxi | « Taxi via Alpha, hold short of Bravo » | Suivre la voie de taxi A, arrêter avant la piste B |
| Autorisation de décollage | « Cleared for takeoff, runway 27 » | Vous pouvez entrer et partir sur la piste 27 |
| En route | « Climb to flight level 320 » | Monter à 32 000 pieds |
| Descente | « Descend to 5 000 feet, QNH 1013 » | Descendre à 5 000 ft, pression 1013 |
| Approche | « Cleared ILS approach runway 09 » | Autorisé à utiliser le système d’atterrissage aux instruments pour la piste 09 |
| Atterrissage | « Cleared to land » | Permission finale de toucher le sol |
On ne trouve pas d’articles (« a, the ») ni de « please / thank you », sauf dans les communications au sol informelles. L’efficacité prime sur la politesse.
Le protocole Read‑back / Hear‑back
C’est le protocole de communication le plus important que vous utiliserez jamais. À chaque instruction d’un contrôleur, le pilote doit la répéter exactement. Le contrôleur écoute ensuite pour confirmer.
Prenons cet échange :
Contrôleur : « Speedbird 456, turn left heading 240, descend to 3 000 feet. »
Pilote : « Left heading 240, descend to 3 000 feet, Speedbird 456. »
Si le pilote lit quelque chose de différent — ou hésite — le contrôleur corrige immédiatement. Cette boucle double vérification empêche les erreurs avant qu’elles ne se produisent.
Voici la visualisation du flux :
Le CTA donne l’instruction
Le pilote lit à haute voix
Le contrôleur confirme / corrige
Cette boucle se répète des centaines de fois par quart. Si vous apprenez l’anglais pour le CTA, entraînez ce schéma jusqu’à ce qu’il soit naturel de ne pas tout répéter.
Sons difficiles et prononciation claire
Les locuteurs non natifs ont souvent du mal avec les chiffres et les lettres qui se ressemblent. Un « B » et un « D » peuvent sembler identiques sur une radio bruyante. C’est pourquoi l’alphabet phonétique de l’OTAN existe :
A – Alpha, B – Bravo, D – Delta, M – Mike, N – November, P – Papa, T – Tango, V – Victor, W – Whiskey.
Les chiffres ont aussi un traitement spécial :
- Trois se prononce « tree » (pour distinguer de « free / three »)
- Cinq devient « fife »
- Neuf devient « niner » (pour éviter la confusion avec l’allemand « nein »)
Entraînez-vous à dire des indicatifs comme « November‑Alpha‑One‑Two‑Three » plutôt que « NA123 ». Votre langue trébuchera d’abord. Continuez.
Exercice rapide : corrigez ces transmissions
Voici trois mauvais exemples. Pouvez‑vous repérer les problèmes ?
- « Um, can I please start the engines now? »
- « We are at 10 000 feet and we want to go down to 5 000 feet, over. »
- « Turn left… no wait, right… I mean heading 090. »
Réponses :
- Trop de mots. Utilisez : « Speedbird 456, stand 12, request start up. »
- « Over » est inutile. Utilisez : « Speedbird 456, request descent to 5 000 feet. »
- L’incertitude est dangereuse. Si vous n’êtes pas sûr, dites « Stand by » et rassemblez vos pensées avant de donner une instruction claire.
Dernier conseil : le stress est votre ennemi
Quand vous êtes nerveux, votre cerveau se tourne vers des mots familiers. C’est normal — mais cela accélère aussi votre parole. Les contrôleurs et pilotes qui se précipitent ont tendance à confondre les indicatifs ou à oublier les niveaux d’altitude. Ralentissez. Prononcez chaque syllabe.
Même les natifs apprennent à faire une pause entre l’instruction et le read‑back. Un intervalle de demi-seconde vaut mieux qu’une boucle de correction.
Si vous préparez un test d’anglais OACI ou que vous visez une carrière dans l’aéronautique, la langue est apte à être apprise. Ce n’est pas Shakespeare. C’est un système de schémas prévisibles et répétables.
La meilleure façon de progresser ? Pratiquez l’écoute active. Regardez des flux CTA en direct sur YouTube. Lisez les transcriptions. Et surtout, prononcez les phrases à haute voix — parce que les lire silencieusement ne forme pas votre bouche ni votre oreille.
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